Stocker en ligne : top 10 des idées reçues

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 Cloud : idées reçues

Cloud : notre vision de la réalité est parfois déformée….
(Crédit photo : Kevin Dooley)

 

 

Je n’aime pas les idées toutes faites, celles qui, quand on creuse un minimum, s’avèrent loin d’être aussi évidentes que l’on aurait pu croire. Sur le stockage en ligne, j’en ai entendues et lues, ici et là. Voici mon top 10, en remontant du numéro 10 jusqu’au numéro 1, la star des idées reçues :

10) Le meilleur format de données, c’est le plus courant

Si vous désirez partager ou conserver longtemps vos données, il vous faut réfléchir au format le plus adapté. Le plus courant n’est pas forcément le meilleur. Certains formats, bien que très connus, risquent de poser problème à vos correspondants ou même à vous-même, dans l’avenir. Par exemple, le logiciel Microsoft Works, très courant il y a quelques années, n’est pratiquement plus utilisé aujourd’hui. Avec lui, c’est aussi son format de base de données qui est parti aux oubliettes.

En fait, les meilleurs formats sont souvent les plus simples : PDF pour du texte mis en page, .txt pour du texte simple, JPG ou PNG pour une image, .CSV pour un tableau. Privilégiez aussi les formats libres. Si vous devez revenir sur votre texte pour le modifier dans 10 ans, le format .ODT (Open document, utilisé par Open Office et Libre Office, notamment) sera sans doute préférable à du .DOC (Microsoft Word).

9) Avec le cloud, presque plus besoin de disque dur !

Cette grande idée avait été lancée il y a quelques années : stockons tout en ligne et contentons-nous d’un ordinateur très basique, avec juste un navigateur web. Dans la pratique, on s’aperçoit qu’on a toujours besoin d’un disque dur assez important pour toutes sortes de raisons : applications avancées (retouche d’image, traitement de texte, tableur), fichiers plus ou moins volumineux (vidéos, musiques, photos)… En fait, bon nombre de ces fichiers pourraient aussi bien trouver leur place sur des supports externes (clé USB, disque dur externe, DVD) ou sur le web. Au final, il est vrai que le disque interne reste utile, mais sa capacité n’a pas forcément besoin d’être très importante. D’ailleurs, je vois que de plus en plus de monde fait le choix d’un disque SSD (“solid-state drive”) pour remplacer le disque dur interne. La capacité est plus limitée (souvent 64 ou 128 Go, actuellement), mais on n’a plus de pièces mécaniques, donc moins de bruit (il reste celui du ventilateur), plus rapide et moins sensible aux chutes.

8) Les sites de stockage en ligne sont bien protégés, c’est leur métier…

Entre les sites web et les pirates, c’est une course sans fin. Les sites web mettent tout en œuvre pour se protéger. Mais il y a toujours un moment où une brèche peut échapper à la vigilance des gendarmes du web. Les conséquences ne sont pas forcément catastrophiques. Ca dépend. Il faut juste le savoir. Et en tenir compte dans sa stratégie de gestion de ses données.

7) L’illimité gratuit restera gratuit et sans limite

Toute entreprise est tenue de s’adapter et d’évoluer. Une offre gratuite aujourd’hui ne le restera peut-être plus dans 6 mois. Elle peut devenir payante, ou rester gratuite mais assortie de certaines contraintes (publicité, suppression si pas de visite pendant une certaine durée, etc.).

Quant aux capacités ou durées illimitées, elles sont soumises à certaines contraintes non directement liées à l’offre. Par exemple, le temps nécessaire pour télécharger les données vers le serveur (“téléversement”/upload) peut limiter la quantité de données que l’on peut raisonnablement gérer.

Pour ce qui est de l’aspect illimité dans la durée, il est toujours difficile de prévoir l’avenir d’une entreprise. D’ailleurs, il est difficile aussi de prévoir ce que moi-même je deviendrai dans quelques années. J’ai sans doute intérêt à m’organiser pour transférer à un proche l’accès à mon espace de stockage (si le contrat le permet), s’il devait m’arriver quelque chose.

6) La synchronisation est un bon moyen de sauvegarder ses données

Synchroniser ses données, c’est garder la même chose sur son ordinateur et sur le site web. Si j’ajoute un fichier d’un côté, il s’ajouter aussi de l’autre côté. Si je l’efface ou le modifie, le changement est reproduit également. Du coup, si on se plante d’un côté, on reproduit l’erreur de l’autre… Ce qui au départ était une idée simple et pratique, peut donc s’avérer négatif, dans certains cas.

Ceci dit, certains services ont trouvé la parade à ce genre de problème : ça s’appelle le “versioning” ou gestion des versions. Ca consiste à conserver l’historique de tous les fichiers. Ainsi, on peut toujours revenir en arrière. Mais ce genre de solution est souvent facturé plus cher, car il occupe plus d’espace de stockage.

5) Stocker sur un site, c’est sauvegarder

La sauvegarde, ce n’est pas juste un mode de stockage, mais une stratégie complète, toute une organisation. Certains me diront que je joue sur les mots. J’admets que la subtilité n’est pas évidente à saisir. C’est la raison pour laquelle j’ai fait un article complet sur le sujet, il y a quelque temps.

4) Stocker chez soi, c’est dépassé

Le stockage en ligne comporte certes de nombreux avantages, mais aussi de nombreux inconvénients… Dans l’absolu, un ou plusieurs sites de stockages en ligne pourraient remplacer tous les stockages. Mais dans la pratique, les disques durs externes, les clés USB et même les CD ou DVD enregistrables ont tous des qualités propres qui nous rendent encore de nombreux services. Par exemple, pour des films en haute définition, le stockage en ligne n’est pas la meilleure solution, du fait des temps de transferts qui risquent d’être trop longs.

3) Il suffit d’utiliser plusieurs sites pour additionner les capacités !

Dans l’absolu, c’est vrai ! Mais est-ce un bon calcul ? En plus des capacités, est-ce que l’on n’additionne pas aussi les risques et les complications possibles ? Ceci dit, ça peut être une bonne idée de gérer chaque type de donnée avec un site adapté : les photos ou la musique, par exemple, nécessitent des sites adaptés à ces usages. Mais globalement, il vaut sans doute mieux limiter le nombre de sites utilisés. D’ailleurs, on n’est pas obligé non plus de tout stocker en ligne (voir l’idée reçue n° 4)…

2) Facebook n’est pas prêt de s’arrêter…

Stocker et partager ses données sur les réseaux sociaux, c’est effectivement possible. Mais est-ce le meilleur moyen de pérenniser ses données sur le long terme ? Rien n’est moins sûr… Facebook, une valeur sûre et solide ? Certes, c’est un mastodonte. Mais l’histoire est pleine de monstres de l’économie qui ont fini par vaciller, se faire racheter ou mourir. Et quand bien même Facebook devrait perdurer, est-ce que son modèle économique va rester toujours le même  ? Force est de constater que Facebook est une sorte de caméléon auquel les utilisateurs doivent s’adapter régulièrement.

1) Et Google, encore moins !

Google est effectivement très puissant. Il contrôle, pour ainsi dire, presque tous les internautes de la planète… Pourtant, imaginons que du jour au lendemain, toute la planète se mette à bloquer toutes les publicités de Google, comme Free a réussi à le faire, à sa petite échelle locale. Tout modèle économique a ses failles. La force de Google, c’est sa gratuité. Mais elle a ses limites. La publicité ne paye pas tout. Google fait donc aussi payer certains de ses services, comme Google Drive. Google sera-t-il toujours là dans 10 ou 20 ans ? Vraissemblablement. Mais pourra-t-on toujours accéder à ses données, au même prix, aux mêmes conditions et avec des contraintes sur notre vie privée qui reste supportables ? Celui qui a signé pour Picasa Web Albums, il y a quelques années, peut éventuellement être déçu de devoir aujourd’hui partager son profil Picasa avec celui des autres services Google.

Autre risque possible pour Google : le risque juridique. Les Etats-Unis sont le pays des avocats. L’affaire Google Books, par exemple, a coûté une fortune au géant. L’Europe aussi se rebiffe. Pour l’instant, c’est un peu comme les Gaulois contre les Romains, mais ça peut aussi devenir David contre Goliath.

Des idées reçues, vraiment ?

Pour vous, ces idées relèvent-elles principalement du mythe, ou bien comportent-elles une part importante de réalité ? Personnellement, je reconnais volontiers que, pour certaines de ces idées, ça se discute… Mais ça tombe bien, le formulaire de commentaire est justement fait pour ça ! Le débat reste ouvert… A tout de suite !

J'ai encore un truc à vous dire...

7 comments to Stocker en ligne : top 10 des idées reçues

  • Il faut plutôt voir le cloud comme un outil de sauvegarde multiple pour éviter de perdre des infos précieuses

  • willemijns

    Hello,

    Je trouve qu’il faut absolument utiliser d’autres services en ligne pour stocker ses données les plus vitales… j’ai un HD de sauvegarde qui contient mes données sur 5/6 services de cloud différents, un disque dur de “fouferies” qui peuvent crasher tant pis…

    apres tout depend si la personne est proche d’un central telephonique ou pas car uploader des backups de PC en 128 kbit/s bonjour l’angoisse…

  • On s’aperçoit, avec l’affaire PRISM, qu’aucune donnée ne ligne n’est protégée, ni à l’abri d’une intrusion.
    Il faut également savoir que tout ce que vous stockerez en ligne risque, tot ou tard, d’être exposé au public, à une agence gouvernementale, utilisé à des fins commerciales ou statistiques.
    Damien a publié : les blogueurs français peuvent-ils sensibiliser le grand public au danger de PRISM ?My Profile

  • Sussu74

    Bonjour à tous
    Ce que je recherche, c’est du partage de fichiers dans les 2 sens, à savoir des fichiers modifiables par quelques personnes identifiées. Il s’agit de gérer un projet associatif. Les fichiers sont à tous, pas quelqu’un en particulier.
    Dans une entreprise un peu structurée, on mettrait ça sur un serveur avec accès contrôlé.
    Les solutions Dropbox et autres permettent soit de stocker pour soi, soit de permettre à d’autres d’accéder à ses fichiers. Mais pas de les modifier.
    J’ai tout faux ou pas ?

    Merci de votre aide.

    • Bonjour Sussu74,

      Pour gérer un projet à plusieurs, tu peux choisir l’une de ces deux approches :

      1) Tu peux partager des fichiers, avec un système de type Dropbox. Pour répondre à ta question : en fait, si, les personnes du groupe peuvent aussi modifier les fichiers (voir aide Dropbox sur cette page : https://www.dropbox.com/help/19/fr).

      2) Tu peux utiliser des applications de type travail collaboratif, comme Google Docs ou Zoho, très efficaces, l’un et l’autre. Si tu as un hébergement, je te conseille aussi Feng Office, que j’utilise personnellement.

      Pour ce qui est de la comparaison avec une entreprise, nous, particuliers, n’avons pas de complexe à avoir : on peut se débrouiller aussi efficacement qu’une entreprise et sans doute plus simplement (pas besoin de passer par la hiérarchie ;) …).

      Tiens-nous au courant !

    • J’ai oublié de signaler un autre site que j’ai déjà testé par le passé et qui pourrait éventuellement correspondre à ton besoin de gestion de projet associatif : Yahoo Groupe.

  • [...] Je n'aime pas les idées toutes faites, celles qui, quand on creuse un minimum, s'avèrent loin d'être aussi évidentes que l'on aurait pu croire. Sur le stockage en ligne, j'en ai entendues et lues, ici et là.  [...]

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